Étudier à l’étranger après le baccalauréat : une bonne idée ?

S’émanciper, découvrir un pays, conforter son anglais, côtoyer des étudiants de multiples pays et vivre une expérience culturellement enrichissante, construire un réseau international.

 

Quel que soit le projet, il faut se poser les bonnes questions :

  • Quel pays choisir ?
  • Quel budget choisir ?
  • Mon diplôme sera-t-il reconnu dans d’autres pays (y compris la France) ?
  • Quels examens ou tests de langue faut-il passer ?
  • Existe-t-il des bourses d’études ?

En bref :

Une expatriation est un projet qui s’anticipe et se mûrit longtemps à l’avance. Il promet souvent une expérience extrêmement enrichissante sur le plan personnel, ainsi qu’un « plus » sur le CV : maitrise d’une langue étrangère, ouverture internationale.

Attention cependant à trois points :

  1. Le coût des études, qui peut être important à l’étranger, pour une qualité d’enseignement qui n’est pas toujours meilleure.
  2. La reconnaissance des diplômes : comme je l’explique plus bas, la durée de votre expatriation est un paramètre important. Une année à l’étranger après le bac sera souvent difficile à faire reconnaître à votre retour en France, tandis qu’un parcours de 3 ou 4 ans sera plus facilement comptabilisé au titre des crédits ECTS comme un bachelor. Il reste cependant nécessaire dans tous les cas de vous en assurer.
  3. Attention au réseau : tandis qu’une école française vous permet d’initier votre futur réseau professionnel dès vos années étudiantes, une expatriation vous offre la même chose à l’étranger. Ça fait sens si vous envisagez une carrière à l’international, sans quoi un retour en France à un moment de vos études peut faire sens afin d’y retrouver des attaches.

Ceci étant dit, reprenons les éléments un par un.

Ce guide vous présente tout ce que vous avez besoin de savoir pour préparer votre projet d’expatriation.

👇👇👇

5 raisons de partir étudier à l’étranger

  1. Se perfectionner dans une langue : apprendre une langue en immersion totale, c’est l’idéal ! Et la maitrise de l’anglais (ainsi que d’une autre langue étrangère éventuellement) est devenue obligatoire pour beaucoup de carrières.En 2018, 64% des étudiants français à l’étranger optaient pour l’anglais, 14% pour l’espagnol, 6% pour l’allemande, 4% pour l’italien (source ONISEP).
  2. S’enrichir humainement : l’expatriation permet de faire l’expérience de l’autonomie, de sortir de sa zone de confort en se confrontant à une nouvelle culture, de nouvelles méthodes de travail et une nouvelle manière de voir les choses. Ces compétences sont enrichissantes d’un point de vue personnel mais aussi académique et professionnel : les recruteurs y sont ainsi particulièrement attentifs.
  3. Avoir une ouverture internationale : de plus en plus de métiers nécessitent une ouverture internationale, avec des clients, des fournisseurs ou des partenaires qui viennent du monde entier. Disposer d’une expérience internationale, avoir su s’adapter à un autre mode de vie et une autre culture est un réel atout sur le marché du travail.
  4. Découvrir d’autres méthodes d’apprentissage : Relations avec les enseignants, modes de sélection, matières enseignées : autant de domaines où les pratiques varient d’un pays à l’autre. La Finlande et la Norvège sont par exemple plébiscitées pour leurs méthodes d’enseignement. En sciences, les élèves conçoivent eux-mêmes leur programme, ils choisissent es cours et s’orientent en fonction de leurs intérêts et de leur travail personnel.
  5. Réussir son projet personnel : Dans certains domaines particuliers, comme les études médicales ou les grandes écoles d’art, les étudiants choisissent de tenter l’admission dans d’autres pays que la France. C’est une façon de contourner les obstacles compte tenu de la sélectivité de certaines filières. Il faut toutefois noter qu’un diplôme acquis à l’étranger doit parfois être complété par un parcours spécifique, par exemple des stages ou une épreuve d’aptitude qui conditionnent le droit d’exercer certaines professions en France.    

Pour une expatriation d’un an, sécurisez votre retour en vous inscrivant sur Parcoursup dès l’année de Terminale

Parcoursup (la plateforme nationale de préinscription en 1ère année de l’enseignement supérieur) propose désormais une case « partir en année de césure ». Le lycéen doit être inscrit et accepté dans une formation en L1 à l’université, laquelle lui assure de conserver sa place jusqu’à son retour. Il doit prévoir de faire sa césure avant la L3. Il est possible de partir un semestre ou une année complète.

Les coûts des études varient selon les pays

En Allemagne et dans les pays scandinaves, le montant d’une année d’études est peu élevé, voire nul. Il faut en moyenne compter 800 € en Belgique, 1 000 à 2 000 € en ­Espagne (pour l’université publique) et jusqu’à 14 000 € dans le privé. Au Royaume-Uni, ces frais varient considérablement : l’inscription est gratuite en Ecosse, elle s’élève à 4 000 € au Pays de Galles, et se situe entre 9 000 et 11 000 € en Angleterre ! Aux États-Unis, il faudra compter de 10 000 à 25 000 € pour les bachelors. Ces tarifs s’élèvent fortement pour les masters, même s’ils restent variables selon les universités.

En Finlande, en Islande, en Norvège et en Suède, en revanche, l’enseignement supérieur est quasiment gratuit : une cotisation annuelle d’une centaine d’euros est demandée.

Enfin, pour les Français, le Canada francophone est très abordable et dispose d’universités d’excellents niveaux. A Montréal, les frais de scolarité en bachelor s’élèvent à 5000 € par an environ.

Des bourses sont possibles. Les bourses Erasmus + dépendent de la destination. Elles sont cumulables avec les aides sur critères sociaux. S’y ajoutent les bourses des établissements, des villes, des départements, des régions. Enfin, des prêts bancaires garantis par la BEI (Banque Européenne d’investissement), à des taux plus bas que ceux du marché, sont accordés aux étudiants (surtout en Master).

La reconnaissance des diplômes : un vrai sujet pour les séjours courts (moins de 2 ans)

A moins qu’elle soit encadrée par un partenariat avec un établissement français, la mobilité postbac doit être un projet au long cours pour qu’elle soit reconnue. Les établissements français reconnaissent plus facilement un parcours étranger en trois ou ­quatre ans qu’une seule et unique année d’études.

Dans beaucoup de pays, un 1er cycle de 3 ou 4 ans se conclut par un bachelor. Mais ce titre n’est pas protégé : en Europe, mieux vaut s’assurer que l’établissement délivre les ECTS (European Credits Transfer System).

Quand la reconnaissance du diplôme n’est pas évidente, c’est à l’étudiant de faire la démarche. Concrètement, il doit s’adresser au centre Enic-Naric du pays visé. Après plusieurs semaines, voire ­quelques mois, il obtiendra une « attestation de comparabilité » qui évalue son ­diplôme. Les diplômes visés par l’Etat, par exemple d’écoles de commerce, sont reconnus sans difficulté. Sept professions (architecte, chirurgien-dentiste, infirmier en soins généraux, ­médecin, pharmacien, sage-femme, ­vétérinaire) bénéficient d’une reconnaissance automatique des diplômes entre les pays de l’Union européenne et sont donc exemptées de la procédure Enic-Naric.

Le choix de l’établissement

La notoriété (qui détermine la valeur du diplôme), le contenu des programmes, les critères d’admission et le coût sont les principaux facteurs à prendre en compte.

De nombreux sites recensent les formations dispensées en Europe, comme Ploteus (Commission européenne), Higher Education Compass (pour l’Allemagne) ou Bachelors Portal. Ce dernier répertorie plus de 54 000 programmes de premier cycle à travers le monde.

Arrêter son choix sur une ou plusieurs universités n’est pas une mince affaire. L’Allemagne, par exemple, compte plus de 320 établissements d’enseignement supérieur. Le classement de Shanghaï, le QS World University Rankings ou encore le quotidien britannique Financial Times distinguent les meilleures institutions. Il est également possible de consulter U-Multirank, le comparateur d’universités de la Commission européenne, qui s’appuie sur 31 critères, dont la proximité avec les entreprises, l’internationalisation ou encore la qualité de l’enseignement.

👉 Certains établissements français proposent des cursus 100% internationaux

Certains établissements français proposent des cursus qui permettent d’étudier en dehors de l’Hexagone dès la première année d’études supérieures. Ils sont rares cependant. Citons par exemple le bachelor en quatre ans de Néoma Business School à Reims.

Zoom sur les destinations

Les destinations les plus prisées sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Les étudiants privilégient les pays anglo-saxons qui leur assurent de maitriser très bien l’anglais après plusieurs mois d’expatriation.

  • Zone Europe:

– Chaque année, plus de 10 000 étudiants français étudient au Royaume-Uni. Ils peuvent perfectionner leur anglais dans des formations réputées, souvent cosmopolites. Le coût de la scolarité peut être très élevé (jusqu’à 10 500 € par an en bachelor). Ces tarifs ainsi que le Brexit tendent à rendre le Royaume-Uni moins attractif depuis quelques années.

– Il est possible de suivre un cursus en anglais en Norvège, en Suède, mais aussi aux Pays-Bas ou en Suisse. Certaines universités, dans ces pays, proposent des cursus dispensés entièrement en anglais. Il faut aussi penser à des pays moins connus comme la Slovaquie, la Lituanie ou la République Tchèque où l’investissement financier est bien moindre et l’enseignement de très bonne qualité.

– La Suisse est réputée pour très bien accompagner les étudiants dans leurs démarches d’installation (assurance, téléphone, logement). C’est particulièrement le cas pour les écoles hôtelières qui y sont très réputées et attirent chaque année de nombreux étudiants étrangers. L’expérience a cependant un prix, qui peut grimper jusqu’à 30 000 € par an.

  • Les pays anglo-saxons

Les États-Unis et le Canada sont des destinations très attractives. Plus de 8000 étudiants français partent chaque année étudier aux États-Unis, dans une des 4000 universités américaines. Les USA ont surtout la cote pour les formations en management. Le Canada attire également beaucoup d’étudiants grâce à l’ouverture de ses formations et les conditions favorables accordées aux Français. Cette destination apparaît comme un compromis intéressant entre les cultures européenne et anglo-saxonne. Située à Montréal, l’université de McGill propose un campus complètement bilingue franco-anglais : on y vit en français et on y étudie en anglais. Tous les cours sont en anglais, mais on peut remettre ses devoirs en français ! En termes de coûts, le Canada reste plus accessible que les États-Unis ou le Royaume-Uni, puisque les étudiants français y paient les mêmes droits que les Canadiens non québécois.

  • Partir au bout du monde :

– L’Australie est réputée pour ses formations en environnement et pour l’accueil. Une expatriation aussi lointaine doit cependant être attentivement considérée : difficile de rentrer plusieurs fois par an en France pour voir sa famille.

– Taïwan, Singapour, l’Afrique du Sud sont également des destinations intéressantes même si, encore une fois, l’éloignement géographique avec la France peut dissuader certains candidats au départ.

– L’Afrique subsaharienne reçoit de plus en plus d’étudiants. C’est là que se concentrent en effet les grands enjeux de demain. Sciences Po Paris a ainsi établi un partenariat avec l’Institut supérieur de management de Dakar.

Mes conseils pour réussir votre expatriation

  • Si le pays n’est pas trop lointain, faites un voyage de reconnaissance et profitez des journées portes ouvertes de l’établissement que vous avez sélectionné.
  • Préparez-vous à rédiger des lettres et à passer des entretiens de motivation et des tests de langue.
  • Si vous partez pour un pays non européen, assurez-vous d’être pré-inscrit dans un établissement avant de demander votre visa étudiant auprès de l’ambassade.
  • Pensez aux assurances pour vos frais médicaux et au solde imposé sur un compte bancaire par certains pays d’accueil.
  • Veillez aux frais de scolarité (fees) : en règle générale, les tarifs sont plus élevés qu’en France. L’Ecosse, la Finlande, l’Islande et la Norvège sont parmi les moins chers des pays européens selon ce critère.
  • Considérez aussi votre budget: le coût du logement peut être extrêmement élevé (comme à Londres, à New York, mais aussi à Singapour ou à Taiwan).
  • A noter : les bourses sur critères sociaux sont accessibles aux étudiants désireux de suivre des études supérieures dans un pays européen et ce, dans les mêmes conditions qu’en France.

Enfin, une checklist pour ne rien oublier 😉

Pour bien préparer votre expatriation, vous devez bien vérifier les points suivants :

✔️ La notoriété et les programmes (attention aux crédits ECTS)

✔️ L’admission (dossier, tests de langue)

✔️ Le coût des études et le coût de la vie sur place

✔️ Les aides (bourses, aides à la mobilité)

✔️ La valeur du diplôme de sortie

✔️ La vie quotidienne : logement, protection sociale, santé

Pour bien préparer votre expatriation, vous devez bien vérifier les points suivants :

✔️ La notoriété et les programmes (attention aux crédits ECTS)

✔️ L’admission (dossier, tests de langue)

✔️ Le coût des études et le coût de la vie sur place

✔️ Les aides (bourses, aides à la mobilité)

✔️ La valeur du diplôme de sortie

✔️ La vie quotidienne : logement, protection sociale, santé

 Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon voyage ! ✈️


Vous avez des questions ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles récents