Sciences Po – Les 5 mots clefs que tout candidat devrait connaître

« Sciences Po », c’est comme ça qu’on appelle communément l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Paris. Un établissement dont tout le monde a entendu parler et qui jouit d’un certain prestige, mais qu’on connait souvent assez mal.

Saviez-vous que Sciences Po forme au journalisme, à la finance et au marketing, au droit, à l’urbanisme, à la communication, à la diplomatie et à plein d’autres domaines ? Que pas moins de 4200 enseignants y enseignent ? Ou encore que près de la moitié des étudiants viennent de 150 pays dans le monde ?

Sciences Po est une formation atypique dans le paysage des études secondaires françaises (un « modèle unique dans le paysage éducatif français » comme l’indique son site internet). Contrairement à ce que son nom laisse entendre, on n’y étudie pas (que) les sciences politiques. Sciences Po est une marque, qui s’efforce de renforcer son positionnement et sa visibilité à l’international, qui promeut un état d’esprit et des valeurs (l’engagement sociétal, l’ouverture et la responsabilité sociale) parfois non sans quelques contradictions.

J’ai moi-même étudié et enseigné à Sciences Po et si un prochain article se concentrera sur une restitution plus personnelle de mon expérience, je vous propose dans cet article cinq mots-clefs essentiels pour comprendre le projet de Sciences Po ainsi que les valeurs portées par l’établissement.

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Avant d’entrer dans le vif du sujet et afin que vous puissiez vous repérer dans les formations proposées par Sciences Po, j’ai tout résumé dans le schéma ci-dessous :

A noter : Sciences Po propose également une offre de formations continues, qui ne sont pas détaillées ici et n’apparaissent pas sur le schéma ci-dessus.

Pluridisciplinarité

La formation à Sciences Po doit « permettre aux étudiants d’appréhender les évolutions des sociétés contemporaines dans le temps et l’espace ». Autrement dit, à Sciences Po, on apprend à envisager des questions dans leur complexité, selon une approche pluridisciplinaire, en s’intéressant aux effets de continuité historique et en n’hésitant pas à adopter une démarche comparative entre aires géographiques.

Prenons n’importe quel sujet, comme l’écologie ou l’égalité : Sciences Po vous amènera à vous interroger sur ces notions sous un angle philosophique, sociologique, juridique, politique, mais aussi à étudier comment ces notions ont évolué dans le temps et comment elles sont appréhendées dans d’autres aires du monde.

Vous pourrez d’ailleurs y étudier des disciplines extrêmement variées (plus vous avancerez dans vos études et plus ce sera le cas).

International

Sciences Po est un établissement résolument tourné vers l’international. Cette tendance s’est accrue ces dernières années et apparaît comme le résultat d’efforts appuyés de Sciences Po pour renforcer cette dimension. Sur sa page d’accueil, Sciences Po indique d’ailleurs être « une université de recherche sélective de rang international ». L’objectif est d’apparaître comme une « marque » reconnue dans le monde entier comme Oxford ou Harvard. D’ailleurs Sciences Po affiche largement les résultats du classement QS 2021 des meilleurs universités mondiales, qui la classe 2ème en « Science politique & relations internationales », derrière l’Université de Harvard et devant celle d’Oxford.

Concrètement, cette dimension internationale se traduit par une forte proportion d’étudiants internationaux (49% soit 14 000 étudiants venus de 150 pays). L’offre de formation est également très ouverte sur l’international, grâce :

– à la troisième année d’étude du programme Bachelor qui se passe à l’étranger,
– aux campus en régions qui proposent des spécialisations géographiques,
– aux nombreux doubles-diplômes, puisque Sciences Po compte 478 universités partenaires dans le monde !

Engagement et responsabilité sociale

L’engagement est une dimension importante du projet pédagogique. Celui-ci vise à doter les étudiants « d’outils pour penser de manière critique et agir avec éthique ». C’est aussi une valeur appréciée chez les candidats à l’entrée à Sciences Po et que les jurys cherchent à évaluer. Concrètement, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que Sciences Po aspire à former (et à recruter) des jeunes qui sont curieux du monde qui les entoure et qui sont prêts à prendre une part active dans les grands enjeux contemporains (éducation, environnement, justice, santé etc.). C’est la raison pour laquelle Sciences Po a créé un « parcours civique » obligatoire, mis en place depuis peu, et qui consiste à « s’engager au service du public afin de se former par l’action ». Par exemple, une mission de parcours civique peut consister à initier les personnes âgées au numérique dans un EHPAD ou à travailler dans une association de soutien aux femmes victimes de violences conjugales. L’objectif est de s’impliquer personnellement et sur la durée dans des actions au service des autres. Il faut aussi savoir porter un regard réflexif sur les enseignements qui peuvent être tirés d’une telle expérience.

La vie associative est aussi une dimension importante à Sciences Po, qui est très valorisée. Tous les campus proposent des associations dynamiques dans les domaines de l’art (théâtre, cinéma, peinture, photographie), de la politique, du sport etc.

L’engagement est assez naturellement une dimension importante que les jurys vont chercher chez les candidats à l’entrée à Sciences Po. Que ce soit au travers des écrits personnels (et en particulier le premier sur le parcours personnel du candidat) ou lors de l’oral d’admission, je vous conseille de mettre en valeur les différents types d’engagement qui ont pu être les vôtres ces dernières années.

Sélectivité

Sciences Po est un établissement très sélectif. En 2020, 10 966 candidats se sont présentés pour 2 195 admis (soit 20%). Par ailleurs, Sciences Po attire de plus en plus de candidats : leur nombre a doublé entre 2009 et 2020 (le taux d’admis ayant légèrement augmenté dans le même intervalle puisqu’il est passé de 17% en 2009 à 20% en 2020). La procédure d’admission a évolué et repose désormais sur 4 épreuves.

Ouverture sociale (?)

Sciences Po est un établissement où les élèves d’origine favorisée sont surreprésentés. Des dispositifs ont été mis en place par l’établissement pour diversifier son recrutement. La direction des admissions communique sur ces mesures, qu’il est utile de connaître.

  • Le plus ancien d’entre eux est la procédure CEP (Convention d’éducation prioritaire), qui vise à encourager les élèves issus de milieux défavorisés et de zones sensibles à se porter candidats à Sciences Po. Depuis les années 2000, des conventions sont passées entre Sciences Po et des lycées relevant de l’éducation prioritaire. Avant la réforme, les étudiants de ces lycées passaient un examen d’entrée spécifique, ce qui a soulevé beaucoup de débats sur l’équité d’une telle mesure (relevant d’un principe de discrimination positive). Depuis 2021, les lycéens bénéficiant de ce dispositif passent les mêmes épreuves que les autres, même si leurs dossiers sont examinés séparément.

  • Le plus récent d’entre eux est la réforme du concours d’entrée, dont l’objectif est de lutter contre l’autocensure de beaucoup de lycéens qui n’osent pas se porter candidats. Une voie d’admission unique concerne désormais tous les lycéens. Avant la réforme, beaucoup d’élèves (majoritairement issus de milieux favorisés) mettaient en place des stratégies pour contourner la sélectivité de Sciences Po, en postulant plutôt via l’ancienne procédure internationale par exemple. Désormais, Sciences Po intègre la plateforme Parcoursup et apparaît donc comme une formation parmi d’autres aux yeux des candidats. Les épreuves écrites (examens), auxquelles il était reproché de favoriser les élèves d’origine favorisée, sont remplacées par un dossier de candidature (comprenant trois écrits et le dossier scolaire de l’élève) et un entretien (oral d’admission). On ne comprend cependant pas toujours très bien en quoi cette réforme devrait corriger les biais de recrutement. L’idée selon laquelle le dossier scolaire et l’oral seraient des épreuves socialement plus justes peut être débattue. Voir par exemple https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/06/26/reforme-de-sciences-po-un-oral-n-est-pas-moins-discriminant-que-des-epreuves-ecrites_5481840_4401467.html

  • Sciences Po affiche l’objectif de recruter 30% de boursiers. Le dispositif CEP (convention d’éducation prioritaire) est progressivement renforcé, notamment en direction des lycées ruraux et d’outre-mer, avec l’ambition d’inclure 200 lycées en 2022.
  • Sciences Po a aussi réformé sa politique en matière de droits de scolarité. Désormais, les échelons laissent place à un tarif individualisé, au plus près de la réalité de ses moyens. L’échelle des droits de scolarité annuels s’étend de 0 à 13 000 euros maximum pour le Bachelor et de 0 à 18 000 euros pour le master. Sciences Po propose un calculateur en ligne permettant de simuler les droits de scolarité dont on va être redevable.
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Bonus :

La Fondation Nationale des Sciences Politiques

La FNSP fait régulièrement l’objet de questions de la part du jury pendant les oraux d’admission. Il peut ainsi vous être demandé d’expliquer son rôle. C’est un peu une question « piège » puisque savoir répondre à cette question n’est pas très important. Mais ne pas savoir y répondre peut déstabiliser.

On a notamment entendu parler de la FNSP suite à la démission d’Olivier Duhamel, son ancien président, qui a démissionné suite aux accusations d’abus sexuels sur mineur incestueux portées contre lui dans un livre rédigé par sa belle-fille Camille Kouchner.

En fait, le modèle de gouvernance de Sciences Po est organisé autour de deux piliers : la FNSP, une fondation de droit privé, et l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), établissement public à caractère scientifique et professionnel, qui porte l’offre de formation, de recherche et de documentation.

La FNSP a la responsabilité des grandes orientations stratégiques et de la gestion administrative et financière de Sciences Po. Elle est administrée par un conseil d’administration.

La FNSP porte plus particulièrement 5 missions :

  • L’enseignement (l’IEP remplissant la mission de formation initiale)
  • La recherche. La FNSP est un acteur majeur de la recherche en sciences sociales. 9 centres de recherches, dont dépendent 175 chercheurs, dépendent d’elle. Parmi eux, on compte par exemple le CERI, le CEE, le CEVIPOF, le CEE, le CSO.
  • La bibliothèque
  • L’édition, grâce aux Presses de Sciences Po, l’un des principaux éditeurs français en sciences humaines et sociales.
  • Des activités de conseil depuis 2005.

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